Des «FRANÇOIS» à trois femmes exceptionnelles
La remise du «FRANÇOIS» demeure toujours un moment extrêmement émouvant pour la grande famille des Séguin d'Amérique. Après la messe et un brunch convivial, le comité de reconnaissance présidé par Marcel Séguin #513, a clôturé cette rencontre par le dévoilement des récipiendaires et la remise du trophée aux familles.
Trois femmes exceptionnelles par leur vie bien remplie ont été honorées par les Séguin d'Amérique. Hélas, pour deux d'entre elles, ce fut à titre posthume que le geste fut posé.
Le premier «FRANÇOIS» revient à une femme généreuse et dévouée, Bernadette Séguin, épouse d'Émile Chevrier de Rigaud. Lors de son mariage à Hudson le 22 octobre 1930, Bernadette épouse un veuf père d'un fils. Treize autres enfants naîtront de cette union. A l'âge de 80 ans, Mme Chevrier décide d'écrire ses souvenirs qu'elle collige dans un recueil de 125 pages. Quelle heureuse initiative pour ses nombreux descendants. Au printemps dernier, elle est décédée à l'âge de 95 ans quelques mois avant de recevoir son «FRANÇOIS».
Plusieurs de ses enfants assistaient à la fête. Son fils Germain reçoit le trophée.
Le second « FRANÇOIS » est dédié à une franco-ontarienne émérite de Cornwall. Jeannine Séguin, native d'Alexandria, a œuvré toute sa vie dans le domaine de l'éducation à Cornwall. Elle fut un ardent défenseur de la langue française en Ontario et directrice-fondatrice de l'école secondaire La Citadelle de Cornwall. Femme d'une grande foi, quelques semaines avant son décès en novembre 1999, elle recevait son baccalauréat en théologie de l'Université de Sherbrooke. Jeannine a participé au second voyage des Séguin en France en septembre 97. Comme elle savait le faire si bien, elle a tenu à relater ses impressions (La Séguinière, Vol. 7, No 4 p. 26) « elle se disait fière de cette fraternité vécue et de cette solidarité développée et accentuée entre Séguin ».
Le trophée et l'attestation furent remis à son frère François, d'Alexandria.
Le troisième « FRANÇOIS » revient à une autre femme généreuse et consacrée. Hommage fut donc rendu à Sœur Palmyra Séguin, née en 1923 à Chute-à-Blondeau, fille de Louis-Philippe Séguin et de Donalda Pharand (mariage à Pointe-Fortune en 1918). Ayant étudié au couvent de Saint-Eugène, ON, c'est là qu'elle connut la Congrégation des Sœurs Sainte-Marie de Namur. Le 2 août 1941, elle entrait donc dans cette congrégation pour y consacrer sa vie. Elle vient d'entreprendre son 52e anniversaire de profession.
Ne pouvant être présente à Cornwall, le trophée fut remis à sa sœur, Annette Séguin-Côté #220. Soeur Palmyra Séguin est la grande sœur de Patricia Séguin-Leduc #004, notre dévouée archiviste.
Et comme l'a si bien souligné notre ancêtre François (personnifié par André Séguin #027) « sachons suivre l'exemple de ces femmes qui sont une source d'inspiration pour les membres de notre grande famille Séguin » elles ont la force du chêne et la générosité de l'érable.
Gisèle Lefebvre-Tranchemontagne #005
Vaudreuil-Dorion, QC
Bernadette Séguin-Chevrier
(1908-2003)
Candidate présentée par son fils Germain Chevrier #1004
J'aimerais vous souligner un peu la vie de ma mère, Bernadette Séguin Chevrier. Elle est née le 1 juillet 1908, à Hudson, QC d'une famille pauvre; elle a grandi dans ce petit coin de province. Elle s'est mariée très jeune à Hudson, le 22 octobre 1930, à un veuf, Émile Chevrier, qui avait déjà un enfant de quatre ans. À l'époque, le rôle de mère comportait plusieurs facettes dont celles de docteur-maman, éducatrice et surtout pourvoyeuse pour assurer les besoins nourriciers de la famille. Elle a eu treize enfants dont six garçons et sept filles, en tout quatorze enfants, ce qui veut dire seize autour d'une table. Nul besoin de dire que la besogne était lourde de responsabilité pour une petite bonne femme de cinq pieds quelques pouces. Mère au cœur tendre, elle avait une grande foi et une croyance sans borne dans la Vierge Marie. J’ai vu souvent ma mère pleurer, à bout de force et de courage ; l'orgueil d'une mère en attrapait un coup. Avec des prières, elle nous disait : « Tenons-nous debout, aimons-nous les uns les autres et nous allons traverser les malheurs plus facilement ».
Je me souviens que déjà très jeune, je l’aidais à pétrir la pâte pour le pain. Pour s’occuper d’une famille aussi nombreuse, elle avait à boulanger deux fois par semaine, faire le lavage avec une machine à laver pas très moderne (une ancienne machine à bras), étendre le linge sur la corde; c’était toujours au moins trois cordes à linge. Elle faisait son savon, ses conserves pour traverser l’hiver, ses marinades en pots et sa couture pour habiller mes frères et sœurs. Elle se faisait une fierté de voir à ce que nous soyons très bien habillés et très propres.
L’été, elle cultivait des légumes en abondance pour pouvoir nous nourrir durant l'hiver. Et parmi tout cela, il y avait des fleurs qui ornaient son jardin et le tour de notre maison. Le temps a passé, les filles et les gars ont pris mari et épouse. Mes parents sont restés seuls à la maison. En 1967, un malheureux accident est arrivé à mon père en face de notre maison; cet accident fut fatal. Mon père décédera quelques mois plus tard et je suis devenu propriétaire de la terre de mes parents. Suite à tous ces événements, ma mère s’est retirée dans une coquette petite maison à Dorion avec son fils Michel.
Avec toutes ces années de dur labeur, ses jambes sont devenues fatiguées et elle a déménagé dans une résidence pour personnes âgées à Valleyfield; une acceptation très difficile pour quelqu’un qui a vécu pour ses enfants et qui a travaillé sans arrêt pour le bien de sa famille! Mais ma mère, se disant que le temps est un élément précieux de la vie, décide à 80 ans bien sonnés de rédiger ses mémoires les plus joyeuses, autant celles qui ont illuminé sa vie que les autres qui ont ennuagé son quotidien. Elle aurait voulu être en forme jusqu’à cent ans, mais le hasard de la vie en a décidé autrement; elle est décédée le 28 mai 2003.
Je vous présente ma mère comme une femme courageuse qui a foncé dans la vie malgré toutes les épreuves trouvées sur sa route. Elle a traversé la vie jusqu’à 94 ans et malgré tout, la pauvreté ne lui a jamais fait peur. Elle demeura toujours une maman inquiète de ses enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants. Je considère que j’ai eu une maman qui a mérité beaucoup de reconnaissance, car la vie n'a pas toujours été rose pour elle.
Arbre généalogique d’une Séguin
Bernadette Séguin
| Bernadette SÉGUIN |
Hudson, QC |
22-10-1930 |
Émile CHEVRIER |
| Cléophas SÉGUIN |
Rigaud, QC |
13-01-1891 |
Élisa LAROCQUE |
| Abraham SÉGUIN |
Vaudreuil, QC |
04-08-1857 |
Mélanie SÉGUIN |
| René SÉGUIN |
Rigaud,QC |
08-01-1816 |
Madeleine MALLETTE |
| Jean-Louis SÉGUIN |
Vaudreuil, QC |
11-01-1779 |
Marie-Josephte BRAZEAU |
| Pierre SÉGUIN |
Sainte-Anne-du- Bout-de-l’Île, QC |
03-02-1739 |
Josephte MALLET |
| Jean-Baptiste SÉGUIN |
Boucherville, QC |
07-06-1710 |
Geneviève BARBEAU |
| François SÉGUIN |
Boucherville, QC |
31-10-1672 |
Jeanne PETIT |
Jeannine Séguin #441
(1928-1999)
Candidate présentée par Gérald G. Samson #1015
Jeannine Séguin a consacré sa vie à l'éducation et à la reconnaissance des droits des francophones sur la scène locale et provinciale. Elle est née à Alexandria, Ontario, le 30 septembre 1928 de Hormidas Séguin et Lydia Brunet. Elle est la cinquième de six enfants. L'éducation a toujours été une priorité dans cette famille puisque son père décide à l'âge de 16 ans de retourner sur les bancs de l'école pour apprendre à lire et à écrire et tout cela en l'espace de six mois.
Mlle Séguin a fait son primaire à Alexandria mais a dû continuer ses études secondaires à Hawkesbury, Ontario car il n'y avait pas d'école française dans sa ville d'origine.
Puis elle entreprend ses études supérieures et obtient un B.A. de l'Université d'Ottawa, suivi d'une maîtrise en éducation avec concentration en théorie administrative tout en poursuivant sa carrière dans l'enseignement. Le statut de la langue française a toujours été une priorité et, un jour, elle a participé à une marche dans les rues. On lui a reproché de fomenter une grève, mais heureusement, cette démarche s'est terminée par l'obtention d'une école secondaire de langue française, La Citadelle, dont elle deviendra directrice de 1973 à 1981.
Sa lutte pour les droits des francophones l'a amenée dans tout l'Ontario puis à travers le Canada, par exemple dans l'Ouest canadien, pour aider, encourager et soutenir les francophones afin d'obtenir gain de cause et surtout fournir les moyens pour arriver à faire respecter les acquis. Les luttes qu'elle a menées ont rempli son horaire et c'est une des raisons pour laquelle elle a choisi le célibat; elle disait elle-même que l'enseignement était une mission, une vocation.
Jeannine Séguin a été présidente de l'Association canadienne française de l'Ontario (1978-1980) et de la Fédération des Francophones hors Québec (1980-1983). Son implication s'est fait ressentir sur le plan communautaire dont le premier festival de musique de North Bay, la Croix Rouge junior pour le comté de Glengarry, Ontario, la Caisse Populaire d'Alexandria, les maisons des personnes âgées et le groupe Proaction. Pour son intérêt marqué dans tous ces domaines, Mlle Séguin a mérité la médaille papale Bene Merenti (1962), le Mérite franco-ontarien (1977), l'Ordre des Francophones d'Amérique (1979), le Prix spécial de la Fédération Canadienne des enseignants en reconnaissance des services exceptionnels rendus à la cause des enseignantes aux échelons interprovincial, national et international, l'Ordre du Canada (1985) et un doctorat Honoris Causa de l'Université de Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse (1991).
Cet hommage remis par l'Association des Séguin d'Amérique lui est rendu à titre posthume car elle nous a quittés le 23 novembre 1999.
Arbre généalogique d’une Séguin
Jeannine Séguin
| Hormidas SÉGUIN |
Lochiel, ON |
22-10-1923 |
Lydia BRUN |
| Alphonse SÉGUIN |
Ste-Marthe, QC |
22-11-1870 |
Ozeline MARIER |
|
Antoine SÉGUIN |
Vaudreuil, QC |
30-08-1836 |
Marie LECOMPTE |
|
François SÉGUIN |
Vaudreuil, QC |
07-11-1796 |
Marie-Ostie VILLENEUVE |
|
François-de-Sales SÉGUIN |
Sainte-Anne-du- Bout-de-l’Île, QC |
04-02-1760 |
Angélique QUESNEL |
|
Louis SÉGUIN |
Oka, QC |
08-04-1736 |
Marie-Anne RAIZENNE |
|
Jean-Baptiste SÉGUIN |
Boucherville, QC |
07-06-1710 |
Geneviève BARBEAU |
|
François SÉGUIN |
Boucherville, QC |
31-10-1672 |
Jeanne PETIT |
Soeur Palmyra Séguin
Candidate présentée par sa soeur Annette Séguin-Côté #220
Palmyra Séguin est un exemple de dévouement et de don de soi dont elle a fait preuve tout au long de sa vie. Elle est la fille de Philippe Séguin et de Donalda Pharand mariés à Pointe-Fortune le 8 octobre 1918; ils auront 11 enfants dont Palmyra sera la troisième. Sa vocation religieuse lui viendra très jeune lors de la visite d'une cousine religieuse et jamais elle ne fléchira dans sa décision puisque à l'âge de 17 ans, le 2 août 1941, elle entrait au couvent des Sœurs de Sainte-Marie de Namur sur la rue Bayswater à Ottawa.
Mais parlons d'abord de son cheminement. Elle a fait son école primaire à l'école du rang de Chute à Blondeau puis se déplaça vers Saint-Eugène, Ontario dans le but de terminer sa neuvième et sa dixième année de scolarité et lors de ce séjour, elle connut les Sœurs de Sainte-Marie. A la fin de ses années de postulat et de noviciat, elle compléta son secondaire et s'inscrivit à l'École Normale obtenant son brevet d'enseignement en 1949.
Sa carrière d'enseignante l'amena à transmettre son savoir dans les villes de Geralton, Ontario et Chapleau, Ontario, de 1949 à 1967. Mais d'autres rêves ne tardèrent pas à se réaliser car en 1969, l'Université d'Ottawa lui décerna un B.A. (Baccalauréa es Arts), puis elle obtint un diplôme en bibliothéconomie à l'Université de Toronto. C’est avec cette formation qu’elle revint à Geralton pour y séjourner pendant huit ans puis quittera la région du nord de l'Ontario pour Ottawa dans le but de donner des cours d'alphabétisation dans un foyer où résidaient de jeunes enfants; en parallèle à cette activité, elle fait du travail bénévole à l'Hôpital St-Vincent pour les malades incurables et s'occupe d'handicapés à la maison Alléluia de Jean-Vanier pour qui elle a mis sur pied un voyage à Lourdes, France.
Ayant auparavant suivi des cours d'espagnol, elle fait un court séjour en République Dominicaine parmi ses consoeurs. Au fond de son cœur, il y a toujours une petite place pour les défavorisés dont les sidéens qu'elle accompagne dans la lutte contre cette terrible maladie; elle n'hésite pas à les soutenir jusqu'à leur dernier soupir ce qui fera dire à l'un d'entre eux: “Jamais dans ma vie je n'ai rencontré une personne qui m'a donné autant de bonté !”.
Mais les responsabilités ne lui font pas peur et c'est pourquoi on lui confie, pour quelques années, la responsabilité de la Maison de Buckingham pour les religieuses âgées. À l'âge de 70 ans, elle prend la charge d'une résidence pour personnes âgées, à Sainte-Rose de Lima, où elle se dévoue encore à ce jour. On dit que sa vie n'a été orientée que vers le bonheur et le soulagement d'autrui. Eh bien, permettez aujourd'hui à l'Association des Séguin d'Amérique de lui retourner cet amour et cette reconnaissance dont elle a pavé son cheminement terrestre!
Arbre généalogique d’une Séguin
Palmyra Séguin
| Louis-Philippe SÉGUIN |
Pointe-Fortune, QC |
08-10-1919 |
Donalda PHARAND |
| Edmond SÉGUIN |
L’Orignal, ON |
13-07-1886 |
Rose-Délima BERTRAND |
| Joseph SÉGUIN |
Rigaud, QC |
08-10-1849 |
Virginie GAUTHIER |
| Jean-Baptiste SÉGUIN |
Rigaud, QC |
12-01-1818 |
Anastasie KINGSLEY |
| Louis SÉGUIN |
Pointe-Claire, QC |
03-11-1773 |
Pélagie LÉGER |
| Louis SÉGUIN |
Oka, QC |
08-04-1736 |
Marie-Anne RAIZENNE |
| Jean-Baptiste SÉGUIN |
Boucherville, QC |
07-06-1710 |
Geneviève BARBEAU |
| François SÉGUIN |
Boucherville, QC |
31-10-1672 |
Jeanne PETIT |